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Londres – Lors de sa dernière tournée dans le Golfe Persique, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton – qui s'est rendue aux Emirats arabes unis, au Yémen, à Oman et pour finir au Qatar afin de participer au Forum pour l'Avenir – a plusieurs fois insisté sur l'importance d'une collaboration entre gouvernements et représentants de la société civile dans les domaines économiques et politiques.
Tout en soulignant le sentiment de frustration croissant chez les jeunes Arabes, Hillary Clinton a mis en garde contre l'ouverture des portes au terrorisme et aux groupes extrémistes qui exploitent le désespoir et la pauvreté et qui pourraient combler le vide laissé par l'incapacité des gouvernements à satisfaire les besoins des personnes. Ces propos revêtent une signification particulière compte tenu des récents événements survenus en Tunisie, en Egypte, au Yémen et en Algérie, où les manifestants ont réclamé l'éviction de leur président, et en Jordanie où les activistes ont poussé le Premier ministre à démissionner. Ce sont des propos que les dirigeants arabes ne peuvent plus ignorer.
Le Forum pour l'Avenir, un rassemblement annuel qui réunit des hauts fonctionnaires arabes et des représentants de la société civile est une initiative commune aux pays du Grand Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord (BMENA) et des pays industrialisés du Groupe des huit (G8). Outre la participation de ces derniers ainsi que de celle d'acteurs du secteur privé, on relèvera la présence de plus de trente ministres étrangers venus du monde entier.
Le Forum est une plateforme unique pour mettre en place des structures de collaboration pour des activités à venir. Chaque année, les participants examinent les progrès accomplis dans les domaines de la réforme politique et des droits de l'homme. Parmi les autres réformes prioritaires figurent l'accroissement de la participation économique et politique des femmes et des jeunes ainsi que la réduction du fossé de l'impunité et la promotion de la règle de droit dans les pays du monde arabe.
Il est clair qu'il ne peut y avoir de bonne gouvernance sans une diminution de l'écart existant entre les gouvernés et les gouvernants et sans inclure tous les segments de la population dans le processus décisionnel.
Dans ce contexte, Hillary Clinton a déclaré que ceux qui « se cramponnaient à un status quo » ne pourraient pas le faire éternellement. De plus, elle a annoncé que les systèmes politiques stagnants au Moyen-Orient n'étaient pas préparés pour faire face aux défis économiques à venir comme la nécessité de diversifier les sources de revenus avant l'inévitable déclin des ressources naturelles des pays producteurs de pétrole.
Le moment choisi est opportun. En Tunisie ainsi qu'en Egypte, le chômage et la pauvreté ont donné lieu à une vague de contestation populaire sans précédent. C'est une première dans l'histoire contemporaine des pays arabes et, quel que soit l'avenir qui attend les Tunisiens ou les Egyptiens, il marque assurément un tournant pour l'ensemble des Arabes.
La révolte des Tunisiens et des Egyptiens a bénéficié d'un fort soutien partout dans le monde et a inspiré beaucoup de jeunes Arabes à exprimer leur solidarité. A travers plusieurs médias sociaux, ainsi que dans la rue, l'excédent de jeunes instruits toujours confrontés à un taux de chômage élevé, nous a montré qu'ils ne se tairont plus.
On peut dire sans hésiter qu'impliquer la population dans le processus politique et lui présenter des méthodes positives pour y contribuer n'est pas le fort de nombreux pays arabes. Ce n'est certainement pas le cas des institutions corrompues des républiques héréditaires. Ce n'est pas le cas non plus des monarchies du Golfe Persique où le rentiérisme défie avec détermination le développement d'une société civile forte et entrave le processus de démocratisation.
Toutefois, si les dirigeants n'écoutent pas maintenant, la viabilité économique et la stabilité politique de leurs pays risquent d'être mises en jeu. Participer à des événements où la collaboration est nécessaire, comme le Forum pour l'Avenir, aide à ouvrir la voie à un changement indispensable. En effet, un rapport d'une réunion ministérielle du G8-BMENA relève un ''point de vue largement partagé selon lequel le 'ton' de la discussion entre membres du gouvernement et représentants de la société civile a positivement évolué depuis le premier Forum, en 2004.''
Cependant, il reste encore beaucoup à faire au vu des comptes-rendus des ateliers de cette année, auxquels ont participé les membres de la société civile, qui réclament plus de transparence et une plus grande confiance entre les représentants du secteur privé et ceux du secteur civil. En effet, selon un rapport, la participation de la société civile comme partenaire essentiel dans la résolution des conflits et non comme entité marginale est indispensable.'' Voilà ce que les gens ont à dire, tant dans le cadre du Forum que dans la rue.
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* Nada Akl, est une journaliste freelance, originaire du Liban, qui prépare une maîtrise à l'Ecole des études orientales et africaines à l'Université de Londres. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).
Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 4 février 2011, www.commongroundnews.org
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