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Khartoum – Khartoum (le nom d'un Etat du Soudan ainsi que le nom de la capitale du pays et de l'Etat) voit circuler de grandes quantités d'armes illégales. Une étude menée par Human Security Initiative, une organisation non gouvernementale qui intervient dans le domaine de la sécurité humaine, indique que 70% des habitants de Hajj Yousef, un quartier dans le district de Carton Kasla au nord de la capitale, possèdent leurs propres armes ou connaissent des gens qui en possèdent.
Compte tenu de la menace que cela représente pour la sécurité et pour une coexistence pacifique, l'organisation Human Security Initiative (connue au niveau local sous le nom de Ma'man, ce qui signifie ''havre de paix'' en arabe), a lancé la campagne ''Khartoum sans arme, ni violence'' pour réduire le risque de conflit armé à l'intérieur de l'Etat et la menace de le voir se déplacer vers la capitale.
La semaine dernière, la première annonce officielle des résultats du référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan a été faite par des membres de la commission qui a organisé le référendum un peu plus tôt dans le mois. Pendant les semaines qui ont précédé le vote écrasant, en janvier dernier, en faveur de l'indépendance du Sud-Soudan, des tensions entre le Nord et le Sud ont fait rage. Durant cette période, Ma'man a organisé des ateliers et des conférences dans divers endroits de la région, notamment dans les zones où les tensions étaient les plus vives et où le risque de violence était réel.
Ma'man a organisé des séances de dialogue avec des membres des communautés et des dirigeants locaux pour étudier les risques de violence suite au retrait imminent. Ces séances ont eu un effet direct sur l'acceptation par les Soudanais des résultats du référendum dans un environnement dépourvu de toute violence.
Historiquement, Khartoum, la capitale du Soudan, a été célèbre pour la coexistence pacifique qu'il y régnait, même lorsque d'autres régions dans le pays étaient ravagées par la guerre.
Cependant, on voit parfois des personnes déplacées venant de différentes zones de conflit au Soudan et dans les pays voisins et d'anciens combattants de milices appartenant à différentes ethnies qui transportent des armes à l'intérieur de l'Etat. Assez fréquemment, les tensions qui séparent ces groupes dégénèrent et des meurtres s'ensuivent. Les rapports de police dans l'Etat de Khartoum montrent que tous les meurtres signalés en 2010 ont été commis par des criminels utilisant des armes sans licence.
Il y a eu aussi 22 cas de blessés ou de morts dûs à des tirs en l'air effectués lors de mariages et de victoires d'équipes de football. Là encore, la police signale une forte augmentation du nombre des personnes en possession d'armes à Khartoum, un phénomène qui devient rapidement sociétal.
Sur la base de ces rapports, Ma'man a commencé à alerter les consciences l'an dernier et a encouragé les chefs locaux à jouer un rôle positif dans leurs communautés respectives pour réduire le nombre d'armes illégales. L'organisation entend également accroître la tolérance entre les peuples de différentes ethnies et tente d'encourager le rejet de la violence et du crime au sein des communautés.
La conscience sociale prend place à travers des activités comme la production de supports qui favorisent une culture de la paix et de la tolérance, des ateliers, des publications, des conférences, du théâtre, du cinéma et des émissions télévisées relayant le message des habitants de Khartoum selon lequel il est crucial de maintenir la paix dans la capitale.
Au cours d'un des ateliers de Ma'man, les enfants ont été encouragés à dessiner des anges et des colombes de la paix tandis que les adultes ont été informés des dangers de garder des armes chez eux. Les personnes dans la région ont été surprises de voir une telle initiative et sont heureuses que ce sujet soit finalement discuté au grand jour.
Résultat particulièrement gratifiant d'un atelier dans le Nord de Khartoum, celui d'un chef d'une tribu locale qui a promis que ses membres se débarrasseraient de toutes les armes en leur possession. Il a ensuite invité Ma'man à annoncer la nouvelle. Un signe notable de réussite est déjà le grand nombre de citoyens demandant un permis d'arme.
La campagne a suscité des réactions positives de la part des représentants du gouvernement et des activistes de la société civile. Elle est financée par le gouvernement de l'Etat de Khartoum qui a offert, à ce jour, la somme de USD125'000. Les services administratifs, quant à eux, sont fournis par la police.
Grâce à son travail et aux succès qui en découlent, Ma'man prouve chaque jour que les organisations de la société civile jouent un rôle important dans le soutien et l'exécution des lois – et qu'elles répandent la paix. Au lieu d'imposer des mesures sévères et restrictives, les organisations comme Ma'man sont persuadées qu'à travers le dialogue et l'éducation, la paix est à portée de main.
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* Osman Hassan est directeur de l'organisation Human Security Initiative (Ma'man). Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).
Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 4 février 2011, www.commongroundnews.org
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