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Gaza – Le blocus de Gaza par Israël depuis juin 2001 et l’Opération « Plomb durci » que l’armée israélienne a menée en 2008 y ont anéanti l’économie, la vie sociale et les infrastructures politiques de la société palestinienne. Mais au-delà de ces conséquences immédiates, ce qui me préoccupe davantage c’est l’état d’esprit des gens et surtout des jeunes et leur sentiment de se retrouver dans une impasse. Il s’agit là d’un problème qu’on doit traiter immédiatement pour éviter qu’il ne devienne la conséquence à plus long terme de ce blocus et avant qu’il ne constitue l’obstacle principal à la paix.
Les dirigeants israéliens et palestiniens sont également responsables, à différents degrés, de cet état d’esprit d’assiégés chez les jeunes. En tant qu’organisations issues de la société civile, en tant que parents ou en tant qu’enseignants – nous devrions tous faire plus d’efforts pour cultiver une culture de la paix. Etant donné les circonstances, nous devons tout particulièrement nous efforcer d’encourager l’aptitude des jeunes à avoir une optique modérée et ouverte sur la paix et sur la réconciliation avec « l’autre ».
Aujourd’hui, si vous demandez à un enfant de Gaza de vous faire un dessin, il y a de fortes chances qu’il vous dessine une scène de violence. C’est ainsi que les enfants répondent à une réalité de violence quotidienne, et cet état d’esprit est exacerbé par une approche éducative anti-paix. Par ailleurs, du fait d’être coupés du monde, les jeunes Palestiniens ne savent pas qu’il existe des alternatives à la vie qu’ils mènent.
Récemment lors d’un voyage aux Pays-Bas, le chauffeur du taxi que j’ai pris à l’aéroport m’a raconté que quelques semaines auparavant il avait eu comme passager un jeune Palestinien fraîchement arrivé de Gaza pour étudier dans ce pays. Quand le chauffeur lui avait demandé ce qu’il pensait de ce pays, le jeune homme qui venait de quitter la Bande de Gaza assiégée pour la première fois de sa vie, ne sut que répondre et éclata en sanglots ; il était libre pour la première fois.
Les conséquences à long terme du blocus et l’escalade de la violence ne se limiteront pas à la seule Bande de Gaza, elles influenceront une éventuelle paix future. La fermeture d’esprit ne concerne pas elle non plus uniquement les gens de Gaza : priver ceux-ci de tout lien avec l’extérieur revient à priver les enfants israéliens de tout contact avec les Palestiniens.
Le gouvernement israélien devrait examiner de plus près les conséquences de sa politique tant par rapport aux Israéliens qu’aux Palestiniens et comprendre que le blocus qu’il impose à Gaza et l’approche militaire liée à celui-ci aura des répercussions sur les populations d’une part et d’autre. Israël a tout intérêt à mettre un terme au siège de Gaza et à faire la paix. Aucun pays ne peut survivre en étant constamment en état de guerre et d’agression avec ses voisins.
Par ailleurs, les acteurs du système politique palestinien et de tout son éventail d’organes politiques devraient être plus attentifs aux résultats des mesures et des programmes d’éducation qu’ils mettent en place. Le recours aux missiles, aux bombes et à d’autres formes de violence contre « l’autre » doit faire l’objet de décisions mûrement réfléchies, non seulement par égard pour la population israélienne – même s’il s’agit là d’un aspect essentiel du problème – mais aussi pour la bonne et simple raison qu’une culture de violence sape nos chances de construire une société forte et juste en Palestine.
Renforcer une culture de paix et de modération au sein de la société palestinienne est totalement dans l’intérêt des Palestiniens. Cela ne veut pas dire que nous devons renoncer à la lutte pour notre droit à une Palestine indépendante, avec Jérusalem comme capitale ; nous devons simplement choisir soigneusement nos méthodes, notre discours et nos programmes.
Les récents événements de Tunis et du Caire montrent que les régimes qui imposent leur pouvoir ne peuvent pas durer. Aujourd’hui, ils devraient se montrer à l’écoute des besoins et des attentes de leurs citoyens et s’efforcer d’assurer leur avenir, sinon, ces derniers trouveront un autre moyen de se bâtir un meilleur avenir.
Un jour, les dirigeants israéliens et palestiniens se rendront compte que la paix est la seule façon d’assurer un meilleur avenir à leurs peuples respectifs. Les chances de réussite pour une paix durable dépendent de ce que nous faisons aujourd’hui. Nous récoltons ce que nous semons. Si nous voulons des pommes, il faut semer des graines de pommiers. Si nous aspirons à la paix, à la compréhension et à la tolérance pour nos enfants, c’est maintenant que nous devons semer ces valeurs.
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* Omar Sha’ban, expert en économie, est le fondateur et le directeur de l’organisation intellectuelle et culturelle indépendante Palthink for Strategic Studies à Gaza. Article rédigé pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).
Source : Service de Presse de Common Ground (CGNews) , 4 février 2011. www.commongroundnews.org
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